Cécile FORMOSA-DAGUE

Cécile FORMOSA-DAGUE

Chargée de recherche CNRS

Lorsque Cécile raconte son parcours avant de devenir chercheuse, elle finit par se confier : « J’ai fait un peu toutes les études. J’ai passé beaucoup de temps à chercher ce que je voulais faire. Et au final, ce que je voulais faire, c’était chercher » École d’agro, classe préparatoire universitaire, puis licence de microbiologie fondamentale, et enfin master en Biotechnologies appliquées à la santé, où elle effectue un stage de six mois à l’ITAV¹, durant lequel elle sera initiée à une technologie alors confidentielle en sciences du vivant : la microscopie à force atomique ou AFM.

L’AFM, est une technique d’imagerie à très haute résolution qui permet de cartographier le relief et les propriétés biophysiques d’une surface à l’échelle nanométrique, y compris sur des organismes vivants. Une révélation scientifique qui ne la quittera plus… et qui, avec le temps, deviendra aussi une histoire plus personnelle puisque c’est autour d’une AFM qu’elle rencontre celui qui deviendra son mari.

Elle décroche ensuite une bourse de la DGA² pour effectuer une thèse les bactéries multirésistantes pour lutter contre les risques bioterroristes, puis enchaîne avec un post-doctorat en Belgique, au sein d’une équipe alors leader mondial en AFM. De retour à Toulouse en 2017 grâce à un financement Marie Curie, elle intègre l’équipe TIM grâce à Pascal Guiraud, qui soutient ses démarches pour stabiliser sa position. Elle décroche le concours du CNRS en 2019 et poursuit depuis sa carrière à TBI.

De cette suite de rencontres, Cécile a gardé une certitude : la bienveillance qu’elle n’a pas toujours reçue, elle veut la donner à son tour — notamment aux jeunes chercheuses qu’elle encadre aujourd’hui, et dont l’accompagnement reste, dit-elle, ce qui la comble le plus dans son métier. Sur le plan scientifique, elle met désormais son expertise rare au service d’une question bien concrète : comment récolter les microalgues pour la production de biocarburants, en comprenant ce qui se joue, à l’échelle moléculaire, quand les cellules s’agglomèrent entre elles. Elle dirige pour cela la plateforme AFM de TBI, un microscope de pointe installé en 2022.

Dans son bureau, un immense modèle Lego, cadeau reçu pour son HDR, sert d’excuse à qui veut venir discuter. Une manière, comme une autre, de rappeler que la rigueur n’empêche pas la légèreté. Cécile est de ces jeunes chercheuses qui parviennent à concilier une carrière exigeante — une expertise rare, reconnue par ses pairs — et un véritable équilibre personnel : mère de jeunes enfants, elle garde aussi du temps pour elle, entre séances de sport régulières et road trips en famille.

  1. Institut des Technologies Avancées en Sciences du Vivant (ITAV)
  2. Direction Générale de l’Armement